En Guinée, de nombreuses routes bitumées présentent des fissures, nids-de-poule et affaissements seulement quelques mois ou années après leur inauguration. Cette dégradation précoce alimente la colère des usagers, ralentit le transport des marchandises et augmente les coûts d’entretien des véhicules.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, la mauvaise qualité de certains travaux reste souvent pointée du doigt. L’utilisation de matériaux insuffisamment contrôlés, le non-respect de l’épaisseur prévue du bitume ou une fondation mal préparée fragilisent rapidement la chaussée. Lorsqu’une route est construite sur un sol instable sans drainage adapté, l’eau de pluie s’infiltre, détériore la base et provoque des cassures.
Le manque d’entretien régulier constitue également une cause majeure. Une petite fissure non réparée à temps devient progressivement un trou profond, surtout pendant l’hivernage. À cela s’ajoute la surcharge des camions, notamment sur les axes de transport minier, commercial et agricole. Des véhicules dépassant les tonnages autorisés exercent une pression excessive sur des infrastructures parfois conçues pour un trafic plus léger.
Enfin, l’insuffisance de suivi technique et de contrôle indépendant peut favoriser des réalisations peu durables. Pour préserver les investissements publics, la Guinée doit renforcer les études de sol, imposer des normes strictes, contrôler les chantiers et sanctionner les défaillances.
Fatoumata Diaraye Diallo
