La cause des femmes est aussi l’affaire des hommes !
À l’occasion de sa nomination en tant que membre d’honneur du Manifeste des Femmes Leaders Mondiales Panafricaines, Daniel Couriol signe cette chronique sur le rôle indispensable des hommes dans la lutte pour l’égalité.
Il appelle à une prise de conscience collective et intergénérationnelle et à poursuivre la dénonciation des violences et à valoriser la puissance transformative de la culture. Bonne lecture !
Cette chronique est d’abord l’occasion d’exprimer mon émotion et ma gratitude d’avoir été nommé membre d’honneur du Manifeste des Femmes Leaders Mondiales Panafricaines.
Merci à Marthe Dèdé Bokoni Koïvogui, présidente du Manifeste des Femmes Leaders Mondiales, pour ce témoignage de confiance.
Qu’un mouvement porté par des femmes choisisse un homme pour les rejoindre comme membre d’honneur n’est pas, à mes yeux, anodin. Je veux y voir un message très clair : la défense de la dignité, de la liberté et des droits des femmes ne peut reposer uniquement sur les femmes. Elle nous concerne tous.
Partout dans le monde, des femmes et des filles continuent de subir des violences : violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques, mariages forcés, mutilations génitales et tant d’autres atteintes à leur dignité.
Face à ces réalités, nous, les hommes, devons nous interroger.
Condamner ne suffit plus : il faut également éduquer, prévenir, protéger et agir.
Concernant notamment l’excision, aucune tradition ne peut dispenser une société de s’interroger sur la souffrance et les conséquences qu’une telle pratique impose aux filles et aux femmes.
Ma conviction est que les changements durables se construisent par l’éducation, le dialogue et l’implication des familles et des communautés.
Comme l’a écrit Chimamanda Ngozi Adichie : « La culture ne fait pas les gens. Les gens font la culture. »
Cela signifie aussi que les sociétés peuvent évoluer lorsque des femmes et des hommes décident ensemble de faire évoluer les mentalités !
Mon parcours m’a appris la puissance de la culture et le rôle que peuvent jouer le théâtre, la littérature, la musique, les arts en général, pour ouvrir des espaces de dialogue là où les discours seuls ne suffisent pas.
Il est évident que la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas une guerre entre les femmes et les hommes. Elle est un combat commun contre la violence, l’injustice, la peur et le silence.
Être aux côtés des femmes ne diminue en rien notre place d’hommes. Au contraire, cela nous oblige à réfléchir à la société que nous voulons transmettre à nos enfants, dans ce monde qui n’a jamais été autant en crise à l’échelle planétaire.
Je ne prendrai jamais la parole à la place des femmes.
Mais chaque fois que ma voix pourra contribuer à faire entendre la leur, je ferai en sorte de la mettre à leur service.
L’auteur
Daniel Couriol est expert-consultant en développement culturel, auteur et ancien directeur du Centre culturel franco-guinéen (CCFG). Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions L’Harmattan, notamment Toi Guinée tu m’as pris dans tes bras (2017), Mieux vaut tard que jamais (2020), consacré aux tirailleurs coloniaux, ainsi qu’un ouvrage collectif, Embarquement pour Conakry, Capitale mondiale du Livre 2017.
Diallo Alpha Abdoulaye








