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100 milliards de francs guinéens pour le tabac : et si nous investissions davantage dans l’avenir de nos enfants ? (Edito)

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Cent milliards de francs guinéens. Une somme considérable qui invite à la réflexion et soulève une question essentielle : comment orienter nos ressources financières vers les investissements les plus bénéfiques pour l’avenir de la Guinée ?
Selon une estimation avancée dans le cadre de ce débat, une enveloppe de 100 milliards de francs guinéens pourrait permettre de construire plus de 200 complexes scolaires, sous réserve d’une évaluation précise des coûts. Autant d’infrastructures susceptibles d’offrir à des milliers d’enfants de meilleures conditions d’apprentissage et de contribuer à la formation des générations qui bâtiront la Guinée de demain.
Cette perspective mérite toute notre attention. Dans de nombreuses localités du pays, les difficultés restent importantes. Des élèves étudient dans des salles de classe surchargées, parfois dépourvues de tables-bancs et d’équipements essentiels. Des établissements scolaires ont besoin d’être construits ou rénovés pour répondre aux besoins croissants de la population.
À ces défis s’ajoutent d’autres préoccupations tout aussi urgentes. Certaines routes reliant des préfectures et des régions se dégradent faute d’entretien régulier. Des centres et postes de santé manquent d’équipements et de consommables indispensables. Le chômage des jeunes demeure également un enjeu majeur, qui appelle des réponses durables en matière de formation, d’entrepreneuriat et de création d’emplois.
Dans ce contexte, les investissements consacrés à l’industrie du tabac méritent une réflexion approfondie. Sans méconnaître les enjeux économiques liés à cette activité, il est légitime de s’interroger sur l’équilibre entre les investissements productifs, les impératifs de santé publique et les besoins fondamentaux de la population.
Le tabac est associé à de graves risques sanitaires, tandis que l’éducation constitue l’un des leviers essentiels du développement humain et économique. Investir dans les écoles, c’est donner aux enfants les moyens d’acquérir des connaissances, de développer leurs compétences et de participer pleinement à la transformation du pays. C’est également préparer une main-d’œuvre qualifiée, favoriser l’innovation et renforcer, à long terme, les capacités économiques nationales.
L’enjeu n’est donc pas simplement de dénoncer une dépense, mais de réfléchir collectivement à la meilleure manière d’utiliser nos ressources. Les autorités ont la responsabilité de rechercher un équilibre entre les opportunités économiques, la protection de la santé publique et les investissements sociaux indispensables au bien-être des citoyens.
Dans cette perspective, une évaluation transparente des sommes engagées dans le secteur du tabac, de leurs retombées économiques et de leurs conséquences sanitaires permettrait d’éclairer le débat public. Elle offrirait également l’occasion d’examiner comment une part plus importante des ressources disponibles pourrait contribuer au financement de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de l’emploi des jeunes.
La Guinée dispose d’un potentiel économique considérable. La valorisation de ses richesses doit progressivement se traduire par une amélioration tangible des conditions de vie de ses populations. Les grands projets, les infrastructures et les activités industrielles prennent tout leur sens lorsqu’ils contribuent également à renforcer les services publics et à préparer l’avenir des générations futures.
Il ne s’agit pas d’opposer systématiquement les secteurs économiques les uns aux autres, mais de rappeler une évidence : le développement ne se mesure pas uniquement aux montants investis. Il se mesure aussi à la capacité de ces investissements à répondre aux besoins réels des citoyens.
Cent milliards de francs guinéens peuvent représenter bien plus qu’une enveloppe financière. Ils peuvent devenir un sujet de réflexion sur nos priorités collectives et sur le modèle de développement que nous souhaitons construire.
Au moment où notre pays poursuit ses ambitions de transformation et de refondation, la question mérite d’être posée avec responsabilité : comment faire en sorte que chaque investissement contribue davantage à l’amélioration des conditions de vie des Guinéens ?
Car, au-delà des chiffres et des choix économiques, une priorité devrait nous rassembler : offrir à nos enfants des écoles dignes de leurs ambitions, à nos malades des structures sanitaires adaptées et à notre jeunesse de véritables perspectives d’avenir.
Investir dans l’avenir de nos enfants, c’est investir dans l’avenir de la Guinée.
A.Foulah Diallo
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