Home Actualités Urgente et nécessaire” : le Portugal propose une nouvelle version de la...

Urgente et nécessaire” : le Portugal propose une nouvelle version de la réforme sur l’immigration

0
SHARE

Le gouvernement a présenté une nouvelle version de la loi immigration, ce mercredi. La dernière mouture, adoptée par le Parlement portugais mi-juillet avait été partiellement retoquée par la Cour constitutionnelle concernant notamment le regroupement familial. Le nouveau texte maintient un délai minimum de deux ans de résidence légale avant de pouvoir demander un regroupement avec sa famille.

Le gouvernement portugais a présenté mercredi 24 septembre une nouvelle version de sa réforme de la loi sur l’immigration. Cette nouvelle mouture vise à répondre à la censure de la Cour constitutionnelle qui avait partiellement invalidé le précédent texte. En cause : cinq articles, dont certains portaient sur les règles encadrant le regroupement familial, avaient été jugés inconstitutionnels. À la suite de cette décision, le président avait mis son veto au texte.

Le nouveau texte, remis au Parlement mercredi, reste ferme. Il maintient un délai minimum de deux ans de résidence légale avant de pouvoir demander un regroupement familial. Toutefois, il prévoit davantage d’exceptions permettant de raccourcir ce délai, notamment pour les couples mariés, voire de le supprimer lorsqu’il s’agit d’enfants mineurs.

« Il faut des règles »
« Ceci n’est pas la loi initiale que nous avions proposée, mais elle poursuit l’objectif de réguler l’immigration de façon humaniste », a déclaré en conférence de presse le ministre porte-parole du gouvernement, Antonio Leitao Amaro, en estimant que cette réforme était « urgente, nécessaire et importante ». « Il faut des règles et un contrôle. C’est important pour le Portugal, pour les Portugais, mais aussi pour que les citoyens étrangers et les immigrants soient accueillis dignement ».

La disposition réservant les visas de recherche d’emploi aux travailleurs hautement qualifiés est maintenue, ainsi que celle qui met fin à la possibilité pour les Brésiliens, le plus important contingent immigré, de régulariser leur situation après leur arrivée au Portugal avec un visa touristique.

La réforme votée en juillet prévoyait également la création d’une nouvelle unité au sein de la police nationale, chargée de lutter contre l’immigration illégale et d’organiser les expulsions.

En revanche, un troisième volet du paquet législatif portant sur les conditions d’accès à la nationalité portugaise, reste en discussion.

Des migrants manifestent devant le Parlement portugais pour réclamer des droits et des permis de séjour, à Lisbonne, au Portugal, le 17 septembre 2025. Crédit : REUTERS/Pedro Nunes
Des migrants manifestent devant le Parlement portugais pour réclamer des droits et des permis de séjour, à Lisbonne, au Portugal, le 17 septembre 2025. Crédit : REUTERS/Pedro Nunes

Arrivé au pouvoir en avril 2024, le gouvernement de droite modérée de Luis Montenegro a décidé de durcir la politique migratoire. L’an dernier, l’exécutif avait déjà abrogé une disposition qui permettait à tous les immigrés de demander à être régularisés en démontrant qu’ils travaillaient depuis au moins un an en cotisant pour la sécurité sociale, même s’ils étaient entrés sur le territoire portugais avec un visa touristique.

Fin 2024, le nombre d’étrangers établis au Portugal a dépassé 1,5 million d’immigrés, soit environ 15% de la population totale et près de quatre fois plus qu’en 2017.

Manifestation contre la loi immigration
La semaine dernière, près de 5 000 immigrés avaient manifesté devant le Parlement portugais, dans le centre de Lisbonne. Venant de tout le pays, ils réclamaient un traitement plus rapide des permis de résidence et dénonçaient ce nouveau projet de loi sur l’immigration.

Dans un communiqué, l’association Solidariedade Imigrante parle également d’un « climat d’intimidation contre ceux qui travaillent et contribuent à ce pays, qui sont sur le marché du travail depuis plusieurs années et dans des secteurs où le Portugal connaît plusieurs pénuries ».

Au mois de mai, le gouvernement avait déjà annoncé son projet d’expulser à court terme environ 18 000 étrangers en situation irrégulière dans le pays.

Longtemps pays d’accueil, le Portugal bénéficiait d’une politique migratoire parmi les plus ouvertes d’Europe. Pendant de nombreuses années, les migrants pouvaient obtenir un statut légal en travaillant, en créant une entreprise ou en étant freelance, qu’ils soient entrés de manière régulière ou non dans le pays. La loi adoptée en 2018 par l’ancien gouvernement socialiste qui permettait aux immigrés de demander une régulation s’ils prouvent avoir travaillé depuis au moins un an en cotisant pour la sécurité sociale, a ainsi été abrogée en juin dernier.
InfoMigrants