
Dans certains villages de Guinée, des enfants continuent de prendre le chemin de l’école chaque matin, non pas pour rejoindre des salles de classe dignes de ce nom, mais pour s’installer sous des hangars de fortune, exposés aux intempéries, à la poussière et aux difficultés du quotidien.
Derrière ces abris de bois, de paille ou de tôles se cache une réalité qui interpelle : celle d’une jeunesse qui rêve d’apprendre, mais qui ne dispose pas toujours des conditions nécessaires pour construire son avenir.
En Guinée, l’école est censée être le premier espace où se construisent les rêves, où naissent les vocations et où se dessine l’avenir d’une nation. Pourtant, dans certains villages reculés, la réalité est bien différente.
À la place des bâtiments scolaires équipés, certains élèves apprennent sous des hangars rudimentaires, parfois construits avec des moyens limités par les communautés elles-mêmes.
Quelques poteaux en bois, un toit de paille ou de vieilles tôles, des bancs improvisés et un tableau parfois usé : voilà le décor dans lequel des enfants tentent de recevoir leur éducation.
Quand le soleil devient accablant, la chaleur envahit l’espace. Lorsque la pluie tombe, les cours peuvent être perturbés, voire interrompus. Et lorsque le vent souffle, poussière et feuilles viennent parfois s’inviter dans les cahiers.
Mais malgré ces conditions difficiles, les élèves sont là. Ils écoutent, écrivent, récitent leurs leçons et s’accrochent à leurs rêves.
Le plus douloureux dans cette réalité, c’est que ces enfants n’ont pas moins d’ambition que ceux qui étudient dans des établissements modernes. Ils ont simplement moins de moyens et parfois moins de chances.
Derrière ces écoles de fortune se trouvent également des enseignants qui accomplissent leur mission avec les moyens du bord.
Enseigner dans un hangar, c’est devoir composer avec les intempéries, le manque de mobilier, l’absence d’équipements adaptés et parfois l’insuffisance de matériel pédagogique.
Malgré tout, certains enseignants continuent de transmettre le savoir, avec courage et détermination.
Ils savent que chaque leçon compte, que chaque enfant mérite une chance et que l’éducation reste l’un des rares chemins capables de transformer durablement une société.
Cependant, le dévouement des enseignants ne devrait pas servir à masquer les insuffisances des infrastructures scolaires. La bonne volonté ne remplace pas une salle de classe. Le courage ne remplace pas des conditions d’apprentissage décentes.
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Il est difficile de parler de développement, de modernisation et d’avenir sans s’interroger sur les conditions dans lesquelles grandissent et étudient les enfants des zones rurales.
Comment demander à un élève de se concentrer lorsque la pluie menace de tremper son cahier ? Comment parler d’égalité des chances lorsque certains enfants disposent de salles de classe équipées tandis que d’autres doivent apprendre sous des abris de fortune ?
Qu’il soit à Conakry, dans une préfecture ou dans le village le plus éloigné du pays, chaque enfant guinéen mérite une école digne de ce nom.
Une école avec des murs solides, un toit résistant, des tables-bancs, des tableaux, des latrines et un environnement sécurisé.
Ce ne sont pas des privilèges. Ce sont des conditions fondamentales pour apprendre dans la dignité.
Un appel à une prise de conscience collective
La situation des écoles-hangars ne doit pas être considérée comme une simple réalité du monde rural à laquelle il faudrait s’habituer.
Elle doit interpeller les autorités éducatives, les collectivités locales, les partenaires au développement, les organisations de la société civile et toutes les personnes attachées à l’avenir de la Guinée.
La construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires dans les villages doivent rester une priorité.
Il est également nécessaire d’identifier les localités les plus défavorisées, d’évaluer leurs besoins et de mettre en place des réponses concrètes et durables.
Car construire une école dans un village, ce n’est pas seulement ériger des murs et poser une toiture. C’est offrir aux enfants un environnement où ils peuvent apprendre, grandir et croire en leurs capacités.
Ces enfants ne demandent pas des écoles luxueuses. Ils ne réclament pas des bâtiments somptueux ni des salles climatisées. Ils demandent simplement un toit qui les protège, des bancs sur lesquels s’asseoir, un tableau sur lequel écrire et un cadre qui respecte leur droit à l’éducation.
Derrière chaque hangar scolaire, il y a des destins, des ambitions et des rêves qui attendent de prendre leur envol.
Une nation qui laisse ses enfants apprendre sous des hangars doit s’interroger sur l’avenir qu’elle leur prépare. Car on ne peut pas demander à une génération de bâtir demain si, aujourd’hui, elle ne lui donne même pas les murs pour apprendre.
La Guinée de demain se construit dans les salles de classe d’aujourd’hui. Et aucun village, aussi éloigné soit-il, ne devrait être oublié dans cette construction.
« Sous les hangars, les enfants guinéens apprennent à lire et à écrire. Mais qui leur apprendra que leur avenir mérite mieux que quatre poteaux et un toit de fortune ? »
Mamadou Aliou Diallo depuis Porédaka pour focusguinee








