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Quand la xénophobie trahit la mémoire africaine

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Quand la xénophobie trahit la mémoire africaine

Face à la montée des discours de rejet dans certains pays du continent, l’ancien Premier ministre guinéen, François Louncény Fall, plaide pour une Afrique fidèle à son idéal d’intégration, de solidarité et de libre circulation.

L’Afrique ne peut dénoncer les murs dressés ailleurs tout en érigeant les siens à l’intérieur de ses propres frontières. Lorsque les politiques migratoires de Donald Trump ont suscité l’indignation à travers le monde, de nombreuses voix africaines se sont élevées pour rappeler les valeurs de solidarité, d’ouverture et de dignité humaine.

Pourtant, dans plusieurs pays du continent, des ressortissants africains continuent d’être victimes de violences, de discriminations et de campagnes de rejet fondées sur leur nationalité. Le paradoxe est saisissant lorsqu’il touche des citoyens de pays qui ont tout sacrifié pour soutenir la lutte de l’ANC (African National Congress) contre le système ségrégationniste de l’apartheid, notamment les pays de la ligne de front, la Guinée, le Nigeria et le Ghana.

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Ces nations ont joué un rôle historique dans le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud. Elles ont porté la cause de la liberté africaine dans les forums internationaux, soutenu les mouvements de libération et contribué à faire de la lutte contre la ségrégation raciale un combat continental.

Il y va de la crédibilité du discours panafricain
Comment expliquer que les descendants de ceux qui ont défendu l’unité africaine soient aujourd’hui pris pour cibles parce qu’ils viennent d’un autre pays du continent ? Cette réalité soulève une question fondamentale : quelle crédibilité accorder à notre discours panafricain si l’Africain devient l’étranger de l’Africain ? L’Agenda 2063 porte nos ambitions pour une Afrique intégrée, prospère et pacifique où les personnes, les biens et les idées circulent librement.

Mais cet idéal ne pourra se concrétiser tant que la méfiance, le rejet et la stigmatisation continueront d’empoisonner les relations entre peuples frères. La xénophobie n’est jamais un bon signe pour l’avenir du continent. Elle fragilise l’intégration économique, nourrit les divisions politiques et affaiblit la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

L’histoire nous enseigne pourtant une autre leçon : c’est l’unité qui a permis de vaincre l’apartheid. C’est encore l’unité qui permettra de relever les défis du XXIe siècle pour une Afrique unie et forte. L’Afrique doit choisir entre la peur de l’autre et la fidélité à son idéal panafricain. Son avenir dépend de ce choix.

Avec jeuneafrique

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