À Conakry, une nouvelle onde de frustration traverse les files d’attente : de plus en plus de jeunes multiplient les démarches pour obtenir des rendez‑vous dans les ambassades étrangères, rendant l’accès aux visas lourdement perturbé pour l’ensemble des demandeurs. Entre espoirs d’études, projets professionnels et désir de rejoindre des proches, la course aux créneaux en ligne tourne parfois au cauchemar organisé.
« On reste des heures devant l’ordinateur, mais dès qu’un créneau apparaît, il disparaît en quelques secondes », confie Aïssata, étudiante en dernière année, qui voit s’éloigner son projet d’étudier en France. Face à un marché hypercompétitif, certains recréent des comptes multiples, utilisent des logiciels d’automation, ou passent par des intermédiaires payants, pratiques qui accentuent l’inégalité d’accès. Les plus vulnérables étudiants, travailleurs informels, demandeurs d’asile se retrouvent ainsi pénalisés.
Les ambassades, dépassées par l’afflux et la demande croissante, invoquent des capacités limitées et des règles strictes de sécurité. Les services consulaires rencontrés admettent des délais rallongés et appellent à la patience, tout en promettant des ajustements techniques. Les spécialistes du droit migratoire et des associations locales alertent : sans régulation et transparence, le recours à des acteurs informels va se généraliser et nourrir un marché noir des rendez‑vous.
La situation soulève une question plus large : comment concilier la gestion sécurisée des flux migratoires et la garantie d’un accès équitable aux services consulaires ?
Pour de nombreux Guinéens, la réponse tarde et les rêves d’avenir s’érodent, une réservation ratée à la fois.
Il appartient aux ambassades accréditées en Guinée, par l’intermédiaire de leurs consulats et en coordination avec les autorités nationales, de faciliter l’obtention des rendez‑vous pour les visas au bénéfice des Guinéens. Beaucoup souffrent aujourd’hui à cause de jeunes spéculateurs qui, pour la plupart, ne détiennent pas le BEPC.
Mamadou Aliou Diallo
