À Conakry, l’obtention d’un rendez‑vous pour déposer une demande de visa vers certains pays d’Europe, d’Amérique ou même d’Afrique est devenue un casse‑tête qui pèse sur de nombreux citoyens. Les ambassades d’Allemagne, d’Espagne, des États‑Unis, du Canada, de France — et, sur le continent africain, le Maroc — sont régulièrement pointées du doigt pour les délais excessifs imposés aux demandeurs guinéens.
Ces délais affectent des trajectoires très diverses : soins médicaux urgents, voyages d’affaires, regroupements familiaux, études, tourisme ou missions professionnelles. Des cas se multiplient où une personne qui doit se rendre en urgence à l’étranger pour des soins se voit contrainte d’attendre six à sept mois pour espérer obtenir un rendez‑vous. Pour beaucoup, ces attentes longues et peu expliquées relèvent non seulement de la logistique défaillante, mais aussi d’une injustice lourde de conséquences.
Le Maroc, qui exige désormais un visa pour les Guinéens, est devenu, par défaut, une étape privilégiée pour les patients cherchant des soins depuis Conakry. Cette réorganisation des itinéraires de déplacement illustre l’impact réel des politiques consulaires sur la vie quotidienne des citoyens.
Face à ces difficultés, les regards se tournent vers les autorités guinéennes, en particulier le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger. Ces partenariats diplomatiques, historiques avec l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Canada et les États‑Unis, appellent à des réponses concertées. Le chef de la diplomatie guinéenne, Dr Morissanda Kouyaté — dont le mandat a été marqué ces dernières années par des actions symboliques et pratiques en faveur des expatriés — est attendu sur ce dossier sensible.
Au‑delà des enjeux bilatéraux, la question touche à un principe essentiel : dans un monde de plus en plus interconnecté, la circulation des personnes et des biens ne doit pas devenir une source d’exclusion. Les citoyens guinéens demandent des procédures plus transparentes, des délais réduits et, surtout, des facilités effectives pour l’obtention de rendez‑vous et de visas.
Il appartient désormais aux autorités nationales et aux chancelleries concernées de trouver des solutions pragmatiques pour alléger le calvaire des demandeurs et préserver la libre circulation indispensable aux échanges sanitaires, économiques et sociaux.
