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Le vrai problème du niveau des élèves : pas les enfants, mais le système qui les entoure ( la vérité d’un citiyen)

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Le vrai problème du niveau des élèves : pas les enfants, mais le système qui les entoure.

Pas besoin d’une analyse compliquée pour comprendre pourquoi le niveau des élèves baisse aujourd’hui en Guinée. On dit souvent que tous les enfants naissent égaux, et c’est vrai, chaque enfant vient au monde avec une intelligence de base, la même pour tous, sauf accident de naissance ou malformation.

C’est l’environnement, ensuite, qui crée l’écart entre eux.

Il suffit d’aller dans les écoles pour comprendre cet environnement, et de bien regarder qui porte la responsabilité des anomalies qu’on y trouve. D’abord, certains décideurs de l’État eux-mêmes sont devenus propriétaires ou promoteurs d’écoles privées, transformant l’éducation en simple moyen de s’enrichir plutôt qu’en service pour les enfants. Ensuite, les encadreurs et le corps enseignant, sur le terrain, participent à cette extorsion d’argent auprès des parents, à travers plusieurs pratiques.

D’abord, les frais de balai, de savon, de propreté et d’entretien sont normalement déjà compris dans la mensualité que les familles paient toute l’année. Et pourtant, on les réclame encore séparément, comme si rien n’avait été payé. Ensuite, à la fin de l’année, après l’examen, vient un autre frais : entre 5 000 et 10 000 francs guinéens, selon les écoles, uniquement pour la proclamation des résultats et l’obtention du bulletin.

Vient enfin le cas du livret scolaire, sans doute la pratique la plus injuste de toutes.

Pour intégrer une école, l’élève est obligé d’acheter son propre livret. Ce document, une fois acheté, lui appartient légalement jusqu’à la fin de son cycle — c’est la règle fixée par l’État. Mais quand cet élève veut quitter l’école, on bloque son propre livret, déjà payé une première fois, et on lui demande de payer une deuxième fois pour le récupérer, entre 20 000 et 50 000 francs guinéens, parfois plus. L’élève paie donc deux fois pour un même document qui lui appartient depuis le départ, alors que son prix réel ne dépasse jamais 5 000 francs guinéens au marché.

Toutes ces pratiques violent directement les règles écrites dans les fiches d’engagement signées par les parents au moment de l’inscription, des documents où les responsables des écoles s’engagent eux-mêmes à ne pas réclamer de frais en dehors de ceux prévus. Malgré cela, ces violations se répètent chaque année, en toute impunité, sans qu’aucun responsable d’école n’ait jamais à en répondre.

Et pendant que ces abus continuent sans aucune sanction, c’est sur les enfants que retombe toute la pression. Chaque année, en fin de cycle, ce sont eux qui reçoivent les menaces de tolérance zéro, comme s’ils étaient seuls responsables d’une situation qu’ils n’ont pas créée. Dans beaucoup d’établissements, l’école n’est même plus un lieu d’apprentissage : elle est devenue une sorte de prison pour les enfants, un endroit où on les garde enfermés et tranquilles, plutôt qu’un lieu qui les fait vraiment grandir et progresser.

C’est exactement ce que nous disions : il suffit de se rendre dans les écoles, d’observer, et de parler aux élèves, pour comprendre où se trouve la vraie cause de la baisse de niveau, et même de l’échec scolaire.

Un exemple mérite d’être cité en modèle : l’école Sainte-Marie. Ses résultats aux examens parlent d’eux-mêmes, année après année, et il suffit de discuter avec n’importe quel élève de cet établissement pour sentir la différence, un encadrement sérieux, un vrai suivi, une exigence qui construit plutôt qu’elle n’étouffe. Cette école prouve que le problème n’est ni les enfants, ni leurs parents. Il porte un nom et une adresse précise, les décideurs qui ont fait de l’école un commerce, les encadreurs qui ferment les yeux ou en profitent, et un système où violer les règles écrites ne coûte jamais rien à ceux qui les violent.

Et voilà où mène, au bout du compte, cette politique de tolérance zéro, d’abord la pression sur des enfants déjà fragilisés par un système qui les exploite, puis l’humiliation publique, puis l’emprisonnement, et parfois, comme on l’a vu avec Mamadou Diouma Bah, jusqu’à les voir mourir en prison. Punir sévèrement des enfants pour une faute que le système lui-même les pousse à commettre, tout en laissant impunis ceux qui les exploitent depuis des années, ce n’est pas de la justice. C’est faire payer aux plus faibles la facture des fautes des plus forts.

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