À Conakry et dans d’autres villes de Guinée, la chicha est devenue une pratique très populaire, surtout chez les jeunes. Mais derrière son aspect convivial se cache un danger sanitaire majeur.
Selon les médecins, une séance de chicha équivaut à fumer plusieurs dizaines de cigarettes. La fumée inhalée contient plus de 4 000 substances toxiques, dont du goudron, de la nicotine et du monoxyde de carbone, un gaz mortel à forte dose. Contrairement à une croyance répandue, l’eau de la chicha ne filtre pas ces poisons : elle ne fait que refroidir la fumée, permettant une inhalation plus longue et plus profonde.
Les conséquences sur la santé sont graves : cancers du poumon et de la gorge, troubles respiratoires chroniques, maladies cardiovasculaires, et même baisse de fertilité. Le partage des embouts favorise aussi la transmission de maladies infectieuses comme l’hépatite B.
Face à cette menace, des professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Le Dr Ben Youssouf Keïta prévient d’un « désastre sanitaire » si l’État n’agit pas rapidement. Pourtant, malgré des interdictions annoncées, les « chicha lounges » prolifèrent, exposant toute une génération à un risque silencieux mais dévastateur..
A.Foulah Diallo
